Saison 1 Afterwork(place)

La première année de ce Podcast est assez folle : 36 épisodes enregistrés et autant de liens créés avec des femmes et hommes passionnés par leur métier.

Pourquoi ce livre blanc sur la Saison 1 ?


Je n’aurais jamais imaginé l’impact qu’allait avoir le lancement de ce podcast. L’idée de départ était simple : partager avec le plus grand nombre ces discussions incroyables que j’avais en one-to-one avec des experts du workplace. Et franchement, je pensais surtout donner la parole aux autres. Mais très vite, je me suis rendu compte que j’étais en train de vivre une masterclass hebdomadaire. Une heure par semaine pour creuser les visions, challenger des approches, comprendre en profondeur les tendances… C’était un MBA en accéléré. Probablement l’un des meilleurs investissements que j’ai fait pour progresser dans mon métier.

Au fil des épisodes, j’ai pris conscience d’une chose essentielle : le bureau est bien plus qu’un simple espace de travail. C’est un outil de transformation, un levier d’attractivité, une manière de créer du lien et de donner du sens à l’expérience collaborateur. Les invités que j’ai reçus m’ont chacun apporté une pièce du puzzle. Parfois des confirmations, souvent des remises en question. De la flexibilité immobilière aux neurosciences, en passant par l’impact de l’intelligence artificielle et le rôle central des bureaux dans la culture d’entreprise, j’ai exploré un champ immense qui m’a obligé à repenser totalement ma vision du workplace.

Ce livre blanc, c’est ma manière de structurer tout cela. De poser noir sur blanc les enseignements clés de cette première saison, d’en extraire les tendances majeures et de vous les partager sous un format clair et actionnable. Si vous êtes un professionnel du Workplace ou Real Estate, ces pages vous donneront (je l'espère) des idées concrètes pour anticiper l’avenir de vos bureaux. Et si vous découvrez tout juste le sujet, rassurez-vous : ces pages vous guideront pas à pas.

Nous voulions faire simple cette fois… mais évidemment, comme toujours, on a fait du Slean ! Ce livre blanc est donc tout sauf un résumé classique. Il repose sur une idée forte : le workplace (l’environnement de travail au sens large) est en pleine transformation, et ceux qui sauront en tirer parti auront une longueur d’avance. Pour vous y aider, je vous présente les meilleurs professeurs de mon « MBA » personnel de cette saison inaugurale.

Je profite de ces quelques lignes pour remercier chaleureusement toutes celles et ceux qui ont rendu cette saison si riche.

(Spoiler : nous avons réussi à les embarquer visuellement avec nous, je vous laisse les découvrir un peu plus bas !)

Bonne lecture,

Amicalement,

Martin SAUER
Co-fondateur de SLEAN

35 PASSIONNES
ONT ANIMES CETTE SAISON 1 !

Avant de commencer, voici un petit mode d'emploi du mapping (je vous conseille fortement de passer sur grand écran pour en profiter pleinement et le manipuler facilement) :

- Zoomez en utilisant le bouton en (+) en haut à droite du mapping

- Cliquez sur la personne qui vous intéresse pour avoir un résumé complet de son épisode ainsi que le lien vers le podcast et son profil linkedin. Si rien ne s'affiche, cliquez sur les 3 points à gauche. Cliquez de nouveau pour fermer ce descriptif.

- Maintenez le bouton gauche de votre souris, vous pourrez déplacer les cercles selon votre convenance ;-)

Enjoy !


7 chapitres résumant cette folle saison

J'ai imaginé ces chapitres comme une boite à outils pratique où vous allez pouvoir trouver des cas concrets et des retours d'expériences. (les autres chapitres sont en bas de cette page).

Chapitre 1
Aménagement de
nouveaux bureaux

Avant, le bureau était un passage obligé. Aujourd’hui, c’est un choix. On n’y va plus seulement pour travailler, mais surtout pour créer du lien. Avoir une belle adresse ou une cafétéria ne suffit plus. Dans un monde hybride, la barre est haute : le bureau doit apporter des bénéfices concrets, impossibles à trouver chez soi. Il doit simplifier la vie, connecter aux autres, donner de l’élan.

Pour vous aider dans cette réflexion, je vous partage 7 conseils basés sur les retours expériences de mes invités.

Les photos qui accompagnent ce chapitre ne sont pas là par hasard : elles illustrent l’aventure – parfois physique, souvent collective – que représente la transformation du workplace. Une aventure rendue bien réelle lors du tournage du dernier épisode de notre podcast, enregistré à 2000 mètres d’altitude, dans une phone booth Slean montée en pleine montagne. (vidéo à retrouver en Conclusion)

Conseil 1 — Clarifiez votre intention

Le piège ? Réaménager pour “faire plus moderne”.

Un bon projet d’espace ne commence jamais par une inspiration Pinterest. Il commence par une intention claire : accompagner une croissance, soutenir une transformation, incarner une culture ou accélérer un nouveau mode de travail.

Sans objectif identifié et partagé, l’aménagement devient cosmétique. Et ce qui est flou en amont devient souvent vide à l’arrivée.

“L’objectif était clair : passer d’un bureau à des lieux de vie collectifs. À chaque arbitrage, on revenait à cette intention, pas à un effet de mode.”
— Bruno Deverre, Directeur Immobilier, Egis

Exemples concrets

  • Driveco a dû réaménager ses bureaux pour accompagner un passage de 20 à 100 collaborateurs en 18 mois
    → L’objectif : accompagner la croissance des effectifs
  • Manutan a conçu un siège social de 9 500 m² intégrant une université, un centre multisport, un potager, et des espaces pour les associations
    → L’intention : incarner leur culture d’entreprise : "
    Entreprendre pour un Monde meilleur" où chacun peut se développer et progresser.
  • Ledger a structuré ses espaces autour de l’idée que chaque m² devait être un levier d’expérience ou de culture
    → L'intention : créer un temple de la crypto-monnaie et un lieu qui incarne cette nouvelle technologie
  • BlaBlaCar a intégré la question de l’hybridation au cœur de la réflexion : quelles zones pour les visios, les moments collectifs, les pauses utiles ?
    → L’intention : transformer l’espace en levier de transformation culturelle
  • Egis : souhaité passer de bureaux cloisonnés à des espaces ouverts, et collaboratifs. Pour y parvenir, ils ont créé des "territoires" : des zones qui favorisent les interactions, tout en respectant le besoin de concentration.
    → L’intention : Optimiser ses m² tout en améliorant l'expérience utilisateur

Conseils pratiques

  • Formulez votre intention projet en une phrase structurante : “Ce projet vise à… pour permettre à…”
    → Pratique chez Alan et BlaBlaCar
  • Faites de cette intention votre boussole dans tous les arbitrages (budget, surface, mobilier, planning)
    → Recommandé par Egis et Driveco
  • Associez les directions métier, RH, et tech à cette intention pour garantir qu’elle soit opérationnelle, pas juste narrative
    → Observation terrain chez Ledger
  • Ancrez l’intention dans un contexte chiffré : taille de l’équipe, modèle de travail, ambitions managériales → Appliqué chez Manutan, Driveco, Egis
  • Préparez une version évolutive de cette intention, mise à jour tous les 3 à 6 mois selon les retours des utilisateurs → Bon réflexe partagé par plusieurs intervenants
  • Intégrez un business plan dans votre projet d’aménagement : identifiez les coûts tangibles (loyer, charges, mobilier) et intangibles (engagement, image, efficacité). Mettez à jour ce plan pour suivre les indicateurs clés (taux d’occupation, satisfaction, performance d’équipe) et adapter le projet aux retours du terrain.
    → Recommandé par Guillaume Savard (Upside)

Conseil 2 — Impliquez vos équipes, pour de vrai

Un espace pensé sans les utilisateurs est souvent un espace vide. Trop d’aménagements échouent faute d’appropriation. Pourquoi ? Parce qu’ils sont conçus pour les collaborateurs, mais rarement avec eux. Co-construire ne signifie pas faire un sondage unique. Cela veut dire : impliquer les équipes à chaque étape, de la définition des besoins à la mise en vie du lieu.

“On a mis en place une consultation très terrain, avec des boucles de feedback par zone. Ce n’est pas un sondage global, c’est une écoute continue.”
— Cynthia Rouilly, Head of Workplace, Deezer

Exemples concrets

  • Manutan a mené plus de 30 ateliers collaborateurs en amont de son projet “Dreda”, rassemblant RH, logistique, IT, fonctions support et production
    → Le projet a abouti à un campus de 9 500 m² réellement mixte, avec des lieux adaptés à chaque usage
  • Deezer a mis en place une approche par quartier avec des “boucles de feedback” récurrentes pendant la phase de test
    → Cela a permis d’éviter des erreurs d’investissement sur des zones peu utilisées ou mal pensées
  • BlaBlaCar a mobilisé ses équipes sur une phase de test & learn de plusieurs mois, avant de figer les aménagements définitifs
    → Les collaborateurs ont été moteurs dans le choix des zones hybrides et de leurs règles d’usage
  • Allianz, via son programme “Vivre ensemble chez Allianz”, a initié une démarche de co-construction à grande échelle : groupes de réflexion métiers, sondages localisés, tests de nouveaux formats sur des sites pilotes
    → Cette démarche continue permet d’ajuster les usages selon les retours réels, en favorisant un sentiment d’implication durable.

Conseils pratiques:

  • Créer un groupe ambassadeur transverse, avec des collaborateurs représentatifs des différents métiers et usages
    → Méthode testée chez Manutan, Deezer et
    Allianz
  • Organiser des ateliers de co-conception : plans à main levée, rituels de travail, “semaine idéale” → Format mis en œuvre chez BlaBlaCar
  • Comprendre ce qui ne fonctionne pas. Il peut être plus efficace de se concentrer sur les pain points à court terme. Ce ciblage permet de résoudre rapidement les vrais blocages et d’améliorer l’appropriation par des ajustements progressifs.
  • Prototyper à petite échelle, puis faire itérer les équipes sur ce qui fonctionne ou non.
    → Pratique agile testée chez Deezer, BlaBlaCar et Allianz
  • Prévoir une phase d’appropriation post-livraison : formation aux nouveaux usages, règles de partage, mise en récit de l’espace
    → Clé de succès observée chez Alan et Driveco
  • Mettre en place des rituels de feedback en continu, pas uniquement lors des grandes enquêtes annuelles
    → Recommandé par Deezer, Manutan et Allianz

Conseil 3 — Commencez par les usages, pas par les plans

Le bureau n’est plus un simple lieu où l’on vient travailler : il devient un véritable espace d’expériences. Longtemps perçu comme un cadre fonctionnel centré sur la productivité, il s’impose aujourd’hui comme un outil de culture d’entreprise, de collaboration et d’innovation. Avec le développement du télétravail et des modes de travail hybrides, le défi est double : comment rendre les bureaux attractifs pour inciter les collaborateurs à y revenir et comment les adapter aux besoins changeants ?

La meilleure façon de rater un aménagement, c’est de l'imaginer seul loin des réalités du terrain. Les plus beaux plans ne valent rien s’ils ne sont pas ancrés dans la réalité vécue des collaborateurs. Un aménagement utile, c’est d’abord un projet d’observation terrain, de cartographie des activités, et de compréhension des flux humains.

Ce qui se passe dans l’espace ne se voit pas toujours dans les plans. Il faut aller le chercher dans les usages.

“Chaque mètre carré doit être interrogé : qui l’utilise, pour quoi faire, à quelle fréquence, avec quelle intensité.”
— Réda Nafaa, Head of Real Estate, Ledger

Exemples concrets

Egis a mené une écoute active auprès de ses équipes sur 50 sites pour comprendre les écarts entre usages projetés et usages réels
→ Cela a permis de redimensionner certaines zones sous-utilisées et de renforcer les lieux d’échange

Deezer a réduit de 100 postes fixes prévus initialement grâce à l’analyse des usages réels
→ Les équipes ont priorisé la flexibilité, les points de rencontre informels et les bulles de concentration

Driveco, après une croissance rapide, a segmenté ses bureaux en “territoires” adaptés aux fonctions de chaque équipe : onboarding, tech, relation client, etc.
→ L’objectif : recréer des repères tout en gardant du lien entre les zones

Manutan a intégré des outils d’observation comportementale pour ajuster ses aménagements en fonction des besoins non exprimés
→ Notamment sur la cohabitation entre fonctions administratives, logistiques et pédagogiques

Conseils pratiques

  • Observer les collaborateurs en situation : réunions, pauses, moments de concentration, échanges spontanés → Recommandé par Bruno (Egis) & Cynthia (Deezer)
  • Cartographier les rythmes et les rituels clés de chaque équipe
    → Pratique testée par Noémie (neurosciences) et BlaBlaCar
  • Identifier les zones grises ou saturées : trop peu ou trop souvent utilisées
    → Approche terrain chez Ledger
  • Croiser les données qualitatives (entretiens) et quantitatives (capteurs, taux d’occupation, flux) si disponibles → Approche chez Manutan
  • Créer des prototypes de micro-zones (visio, silence, créativité) et tester leur appropriation
    → Mise en œuvre chez Deezer, Egis, Driveco
  • Mettre à jour la cartographie des usages tous les 6 mois pour ajuster l’environnement aux nouveaux besoins → Pratique agile recommandée par plusieurs intervenants

Conseil 4 — Concevez en pariant sur la flexibilité

Les besoins des équipes évoluent plus vite que les projets immobiliers. Ce qui fonctionne aujourd’hui peut devenir obsolète dans 6 mois. Et ce qui paraît pertinent sur plan peut se révéler rigide une fois en place. Un bon aménagement est donc un aménagement réversible, modulaire, évolutif. Il s’adapte à l’usage réel, pas seulement à l’intention initiale.

“On a des espaces qui vivent à plusieurs rythmes : réunion le matin, brainstorming l’après-midi, formation le soir.”
— Nathalie Cara, Directrice Workplace, Manutan

Exemples concrets

  • Manutan a installé des zones modulables qui permettent de transformer un espace collaboratif en zone de micro-formation, ou en espace d’échanges transverses selon le créneau.
  • Driveco : l’équipe a anticipé l’évolution des usages en intégrant des espaces réversibles dès la conception, avec la possibilité de transformer certaines zones de travail en lieux d’ateliers ou de présentations en moins de 30 minutes.
  • Egis : Bruno Deverre met en place des aménagements adaptables, avec une logique de réversibilité intégrée dès les phases de planification. Il insiste sur l’importance de pouvoir ajuster les espaces sans travaux lourds, grâce à un mobilier mobile et des espaces à géométrie variable.
  • Qonto : la stratégie inclut des “formats mutables” pour s’ajuster aux variations d’effectifs et d’activités, avec une attention portée aux “zones activables” en fonction des pics de charge (ex. périodes de closing comptable, onboarding d’équipe produit, etc.

Conseils pratiques

  • Il est essentiel de concevoir des espaces de travail flexibles et adaptables, en s’appuyant sur des données d’usage réelles, et non sur des hypothèses. Les études Measuremen révèlent que :
  • Un poste de travail n’est utilisé que 2h45 par jour en moyenne.
  • Moins d’un poste sur deux est occupé en continu sur la semaine.
  • Les salles de réunion sont occupées par une seule personne dans 40 % des cas.

→ Ces chiffres illustrent l’importance de penser des espaces réversibles et modulables, capables de s’adapter à des usages fluctuants.

À expérimenter :

  • Concevoir les espaces comme multi-usages dès la phase projet, pas comme un bonus secondaire → Pratique défendue par Réda (Ledger)
  • Utiliser du mobilier et des cloisons mobiles, facilement reconfigurables sans travaux lourds
    → Recommandé par Nathalie (Manutan)
  • Créer des zones mutables selon le rythme de la journée : travail individuel le matin, co-création l’après-midi
    → Mis en œuvre chez Manutan et BIC
  • Tester les usages réels avant de figer les aménagements
    → Appliqué chez Deezer, BlaBlaCar, Egis
  • Prévoir une gouvernance d’ajustement : recueillir les retours, analyser les flux, adapter les aménagements sans tout refaire
    → Un réflexe défendu par M Moser

Conseil 5 — Faites incarner votre culture

Un bon espace ne parle pas de votre entreprise. Il la fait ressentir. L’aménagement est l’un des leviers les plus puissants pour rendre une culture tangible. Mais attention : incarner ne veut pas dire surjouer. Ce n’est pas une question de logo sur les murs, mais d’alignement entre ce que l’entreprise promet et ce que les collaborateurs vivent au quotidien.

Un bon design raconte une histoire cohérente. Un grand design la fait vivre sans avoir besoin de la raconter.

“On a voulu recréer l’énergie musicale de Deezer dans l’espace. Chaque zone a sa vibe, ses couleurs, son ambiance sonore.”
— Cynthia Rouilly, Head of Workplace, Deezer

Exemples concrets

  • Deezer a travaillé ses ambiances selon l’esprit des équipes : design studio, bulles d’écoute, couleurs par quartier
    → Un environnement où la culture musicale devient spatiale
  • Qonto a intégré l’hospitalité dans sa conception des espaces : accueil, flux, signalétique…
    → Objectif : que chaque collaborateur se sente chez lui, dès l’entrée
  • Muriel Havas (Blablacar) évoque l’importance d’un enracinement émotionnel dans les lieux :
    « Un catalogue d’ambiances immersives, avec les sons, les images, les odeurs... Une forêt, une montagne, une plage. Pourquoi pas ? »
    → Une approche sensorielle pour nourrir l’adhésion et l’expérience émotionnelle.
  • Ledger : Réda insiste sur le fait que “le bureau doit refléter la technicité du produit et la rigueur de l’environnement crypto.” Cela passe par une conception sobre, sécurisée, à forte identité visuelle, qui raconte la promesse produit dans les détails (design épuré, zones confidentielles, rigueur dans la lumière et l’agencement). → L’espace devient un prolongement des enjeux métiers spécifiques à Ledger : sécurité, technologie, excellence.

Conseils pratiques

  • Traduire vos valeurs en principes d’aménagement : fluidité, audace, transparence, responsabilité…
    → Approche défendue par Deezer et Qonto
  • Créer des espaces différenciés pour refléter la diversité des équipes ou des usages
    → Mis en œuvre chez Deezer
  • Soigner l’émotionnel autant que le fonctionnel : lumière, acoustique, textures, circulation
    → Vision portée par Cynthia (Deezer) et Muriel (Blablacar)
  • Ancrer les rituels de l’entreprise dans l’espace : points hebdo, temps informels, cérémonies internes → Stratégie assumée chez Qonto
  • Traduire la singularité métier dans l’espace : chez Ledger, cela passe par des zones hautement sécurisées et un design rigoureux.
  • Créer une continuité sensorielle entre le produit et l’espace : Alan pense son bureau comme une extension de son UX produit.

 

Conseil 6 — Restez utile, pas à la mode

Chaque année, un nouveau concept “réinvente le bureau” : Flex-office, canapés dans les open spaces, coins chill, murs végétalisés, gaming room…Et pourtant, l’essentiel est ailleurs : dans l’usage réel.
Les collaborateurs ne cherchent pas des tendances. Ils cherchent des espaces qui fonctionnent.

“Ce n’est pas une table de ping-pong qui fait venir les gens. C’est la qualité du lien, et la fiabilité des équipements.”
— Marc Simon, Capgemini

Exemples concrets

  • Chez Deezer, une démarche test & learn a révélé que des besoins simples (fruits, vélos électriques, produits d’hygiène) étaient plus utiles que des innovations gadgets
    → Résultat : services repensés à partir du quotidien réel des collaborateurs
  • Capgemini a revu à la baisse certains espaces trop scénographiés pour revenir à des usages fondamentaux : concentration, collaboration, repos
    → Un équilibre entre performance et sobriété
  • Egis – Pragmatisme des collaborateurs de terrain. Bruno Deverre explique que dans les équipes d’ingénierie, les attentes sont très simples : un bon éclairage, un bureau silencieux, des outils fiables. Ce sont des besoins fondamentaux qui priment largement sur toute dimension “expérientielle”.
  • Driveco : Laetitia Focchanere explique que ce sont les petits détails du quotidien qui comptent. “Le fait d’avoir des crochets pour poser son casque ou un espace où se changer en arrivant à vélo, c’est plus important pour nos collaborateurs qu’un mobilier design.”
    → Cela montre qu’un bon aménagement repose sur des services simples, alignés avec les usages concrets des équipes .
  • Valentine Barenton (Lucca) partage aussi une approche frugale et efficace :
    “On préfère des salles simples mais bien utilisées que des ‘wow zones’ qui ne servent à rien.”

Conseils pratiques

  • Distinguez les effets “waouh” des effets “wow c'est utile”
    → Approche défendue par Capgemini, Egis, Driveco et Lucca
  • Testez les usages avant de “marketer” vos espaces
    → Pratique mise en œuvre chez Deezer et BlaBlaCar
  • Restez sobre dans vos choix : préférez un éclairage bien pensé et une acoustique maîtrisée à des installations ludiques peu utilisées
    → Recommandé par M. Moser (Kardham) et mis en œuvre chez Ledger
  • Misez sur la réparabilité et l’usage à long terme : des équipements simples, durables, partagés
    → Philosophie appliquée chez Lucca et Manutan
  • Écoutez les retours d’usage plutôt que les tendances des salons d’architecture & Workplace
    → Bon réflexe partagé par Qonto, Kardham

Conseil 7 — Accompagnez vos managers (et vos équipes)

Un bon aménagement ne suffit pas à créer une dynamique collective. Il faut que les équipes se l’approprient, que les managers y jouent leur rôle, et que des rituels partagés prennent vie dans l’espace. Sans accompagnement, même les meilleurs bureaux restent silencieux.

“On a accompagné les managers pour qu’ils soient moteurs dans l’appropriation des nouveaux espaces car si les managers ne savent pas comment incarner le lieu, personne ne s’y projette"
— Agathe Voulfow, Head of Workplace & Internal Events, Qonto

Exemples concrets

  • Chez Kardham, Nicolas Cochard souligne que les projets d’aménagement réussis intègrent toujours une acculturation des managers
    → Ce n’est pas l’espace qui change les comportements, c’est l’accompagnement qui leur donne du sens
  • Egis a formé ses managers à utiliser les nouveaux espaces comme des leviers de performance collective, pas comme une contrainte logistique
    → Résultat : montée en puissance des échanges transverses
  • Qonto organise des formations internes pour aider les managers à créer des rituels dans les espaces (morning briefs, feedbacks croisés, team cafés) → Un rôle d’animation bien assumé
  • Mirakl (Philippe Cau) : « La sécurité émotionnelle, c’est le prérequis à toute forme de collaboration ou de créativité. Le rôle du manager, c’est de la faire exister dans les nouveaux espaces. Sinon, les gens n’osent pas. » → Le manager devient garant de cette atmosphère propice à l’expression et au lien.
  • Édouard Chamblay (doctorant en sociologie) rappelle que l’espace n’agit pas seul :
    « Poser une intention collective dans un aménagement, c’est une manière de tisser du lien entre des métiers, des générations, des habitudes. Le bureau devient alors un lieu de narration partagée. »

Conseils pratiques

  • Intégrer un volet RH et managérial dans tous les projets d’aménagement
    → Recommandé par Egis, Kardham, Qonto
  • Former les managers à leur rôle d’animation spatiale : rituels, posture, appropriation
    → Mis en œuvre chez BlaBlaCar et Qonto
  • Ne pas confondre liberté et abandon : accompagner le flex n’est pas laisser faire
    → Vision portée par Kardham et Manutan
  • Créer des "moments de lien" dans l’espace : rituels d’équipe, célébrations, apprentissages partagés
    → Partagé par BlaBlaCar, Qonto, Egis
    Chez Google, Philippe Cau organisait deux événements par jour dans les bureaux : un le matin, un l’après-midi. Objectif : donner une bonne raison de venir, maintenir une dynamique vivante dans l’espace, et déclencher des rencontres informelles. Ce rythme soutenu d’animation permettait de faire du bureau un lieu vivant, utile et désirable.
  • Favoriser la sécurité émotionnelle comme socle de l’engagement
    → Clé identifiée par Philippe Cau (Mirakl) pour faire des espaces des lieux de collaboration réelle.

Les 6 autres chapitres sont disponibles ci-dessous. Il vous suffit de cliquer sur le chapitre qui vous intéresse. Bonne lecture :-)